Au revoir, vanakkam India

« Pi Patel: I suppose in the end, the whole of life becomes an act of letting go, but what always hurts the most is not taking a moment to say goodbye. » Life of Pi

Je ne sais que dire et pourtant, c’est fait. J’ai quitte l’Inde.

That’s it, my exchange year in India is over. I just left India a couple of hours back. At the immigration desk, the officer asked me: ‘Are you coming back?’

What to say? Of course, I’m coming back. I just don’t know when and where. But these last days, after trekking and coming back to Delhi, talking to other travellers, convinced me definitely. I haven’t seen enough of India yet.

And this country, which I discovered all over the year, does not let me indifferent. People also not. And I’ve made friends year. I’ve lived here.

So, I somehow disagree with the quote of Life of Pi in my case. Yes, I didn’t take time to say goodbye. But that was on purpose, I didn’t want to, because that would have meant the end and nothing is ending today.

I will come back, for sure. I’ll see you soon, India. I am sad to leave, but happy to think this is only a beginning! Cheer up!

Off to Indonesia till the end of june now !

See you soon.

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The Famous Five in the Himalayas

‘We will never catch the train’ Julian said. Anne and Dick also did not look that confident about it. Indeed, they had been leaving IIT Madras at 5.40 and the train was supposed to start at 6.10 from Chennai Central!

 

The taxi driver was pushing the car at its fastest, but one cannot make miracles, thought Anne. Dick remained silent, watching his watch and counting seconds. He had slept off this morning and that’s why they were late now.

 

The journey was starting in a big rush ! They finally reached the station a few minutes earlier.

 

‘Let’s run, Rajdhani Express is on platform 2, we can make it !’ shouted Dick.

 

Julian and Anne tried to follow him through the crowd, carrying their big luggage. They were leaving Chennai to Delhi, where they would meet Georgina, who after two weeks of backpacking in India would be definitely be called George, she claimed.

 

The plan was then to go to the Kullu Valley, where an exciting trekking organized by the Youth Hostel Association of India (YHAI) was waiting for them. They would hike and watch the beautiful landscapes of the mountains during ten days!

 

On the way, they will find their Timmy, a faithful dog during their expedition in the Saurkundi Pass.

 

The Famous Five in the Indian Himalayas !

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Dix jours de trekking dans l’Himalaya et toujours vivant, voilà ce qu’il faut retenir de ce post ! Des paysages superbes, un temps le plus souvent magnifique et un groupe d’Indiens enthousiastes, ces dix jours m’ont bien séduit, en compagnie de Marine, Tanzeem et Shyam.

 

Pensée pour Rohit, qui devait venir pour ce trek, mais n’a pas pu nous accompagner, à cause de son pied, blessé quelques jours avant le départ. J’espère que les photos le consoleront un peu. C’est finalement Tanzeem qui l’a remplacé dans notre groupe de quatre, nombre qui m’a rappelé le Club des Cinq lorsque nous avons fait la rencontre de Baloo, chien de montagne, et guide fidèle. Il faut dire que j’avais été influencé par ma dernière lecture…

 

Dix jours, donc, dans l’Himalaya, plus exactement, autour de la vallée de Kullu, non loin de Manali, dans l’état de l’Himachal Pradesh.

 

Dix jours de tente, d’eau froide, de nourriture végétarienne obligée (nourriture cependant dix fois meilleure qu’à l’IIT), de froid la nuit, mais de superbes marches le jour, avec trente trente cinq autres Indiens !

 

C’était une belle expérience, pas si éprouvante que ça, car avec un groupe aussi nombreux, avec tous les âges, le rythme de marche n’était pas toujours très soutenu, avec de longues pauses surtout. Mais voila de quoi admirer le paysage, dans un état où l’environnement, reconnu comme ressource économique (le tourisme), est extrêmement protégé.

 

Les camps, bien que marqués par une certaines discipline, ont le plus souvent été joyeux et intéressants culturellement. Par rapport à un an dans le Tamil Nadu, à l’IIT, où je n’entendais quasiment jamais l’hindi, j’ai été servi ! Ici, c’était chanson Bollywood tous les soirs, rébus de films Bollywod, et l’hindi était la langue commune de tout le monde. Bon, à part ‘Jo bi hai’, et mon baragoui ‘yeh kya hai ?’, je n’ai pas beaucoup appris de cette langue, qui semble tout de même attirante.

 

J’espère mettre un lien avec plein de photos assez rapidement, pour vous en mettre plein la vue des jolies montagnes de l’Himalaya !

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Thingamajig

(Article sans accent. Clavier anglophone that’s why !)

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Je suis parti sans vous le dire, en mode incognito, n’est ce pas ?

Les derniers jours ont fui bien rapidement avec tous ces au revoirs, et la preparation du trek. Mais je suis finalement parti vendredi matin. Oh, nous avons bien failli ne pas partir. Le Rajdhani Express partait de Chennai Central a 6h10. Rendez vous etait fixe pour 5h, avec le taxi. Shyam s’en occupait. Mais il s’est endormi et quand je suis alle le reveiller dans sa chambre, du coup le taxi l’avait deja appele plusieurs fois, mais lui n’avait pas decroche. Bref, le taxi n’etait la qu’a 5h40, gros rush, j’ai cru qu’on n’allait jamais y arriver, j’avais un peu peur assis devant, vu comment le conducteur roulait, mais il l’a fait, et au final, par un enorme miracle, nous sommes arrives deux minutes avant le grand depart. Je suis alle me coucher dans le train immediatement. Je crois bien n’avoir fait que manger et dormir pendant 28 heures. Pas mal !

Il fait tres chaud ici a Delhi, une chaleur differente de Chennai. Chennai a une certaine humidite, ou on sue de diable ! Mais ici, a 40 degres, ton corps adapte a la chaleur du sud ne sue pas, mais tu suffoques. En un sens, c’est plus supportable, une fois que tu as accepte l’idee que serais dans un four a pizza H 24, tu n’y penses meme plus.

Nous partons ce soir dans la vallee de Kullu, dans l’Himachal Pradesh. Le froid sera la, je suis en recherche active de gants pour proteger mes braves petits doigts qui n’ont pas connu beaucoup l’hiver cette annee.

Nous sommes bien occupes, du coup je pense peu a ce depart definitif de l’IIT, un an d’experience etudiante qui se sont termines. Et pourtant, si pendant quelques secondes mon esprit se perd a se rememorer tous les bons moments, je n’ai qu’une envie, c’est d’y retourner.

Je peux vous dire un secret ? En Inde, j’y reviendrai.

Ah, et comme je vais encore beaucoup vous manquer (ah oui ?), je vous laisse cette chanson. En vrai, je ne sais pas ce que les paroles en hindi disent, mais j’aime bien !

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Partir, c’est mourir un peu

Partir, c’est mourir un peu,

C’est mourir à ce qu’on aime :

On laisse un peu de soi-même

En toute heure et dans tout lieu.

C’est toujours le deuil d’un vœu,

Le dernier vers d’un poème ;

Partir, c’est mourir un peu.

Et l’on part, et c’est un jeu,

Et jusqu’à l’adieu suprême

C’est son âme que l’on sème,

Que l’on sème à chaque adieu…

Partir, c’est mourir un peu.

Edmond Haraucourt

Une petite vidéo, peu longue, qui vous montrera quelques personnes de l’IIT. Elle a été réalisée par Vijay, passionné de cinéma et qui a participé à un concours de mini-clips tout récemment. L’écriture du scénario, les acteurs, le tournage, etc, a été fait en un weekend, en sachant qu’il y avait plein de critères à respecter !

Les jours passent et si peu sont encore à venir à Chennai ! On sent déjà la vie, elle s’approche, tout le monde est dans ses projets de l’après, il faut préparer les examens, les vacances arrivent bientôt, les voyages arrivent aussi, et puis le retour, le redouté retour en France. Tiens, ai-je écrit ce que je faisais ?

“Summer mai, mai Himalaya ja raha ho !”

Ou quelque chose comme ça, en hindi, ce qui tente de vouloir dire que cet été, je vais dans l’Himalaya. Oui, oui faire du trekking et tout ça, pendant dix jours, en route pour l’aventure !

Et puis ensuite, ce sera direction l’Indonésie, pour aller voir comment va Héloïse au passage, paraît-il qu’elle est un peu bizarre depuis son affaire de méditation… Bon, si elle n’est pas trop Bouddha, on devrait bien s’amuser ! Au passage, elle est devenue couturière et me demande d’importer illégalement du tissu indien en Indonésie, vous vous rendez compte !

Bref, on va faire un deal avec les vendeurs de tissu de T Nagyar et puis on va créer une branche d’import-export et je reste en Inde !

Car je ne me sens pas très pressé de rentrer. Ma date de retour en France, tenue secrète au plus grand nombre pour éviter les foules de groupies le fameux jour (mmh mmh), est encore loin, oui. Mais le départ de Chennai approche.

L’autre jour, nous sommes allés manger à l’extérieur du côté de T Nagyar justement, et nous avons pris les rickshaws pour rentrer (ces choses jaunes qui pétaradent aussi appelées tuk tuk). Quand tu connais par coeur la route du chemin du retour, assis devant à côté du chauffeur, personne sur la route, tu apprécies et tu te dis, zut , c’est bientôt fini. C’était un beau moment, trois amis assis derrière, d’autres rickshaws aussi avec nous, la traversée de la ville la nuit tombée.

J’ai beaucoup de chance d’être ici, de découvrir tant de choses, d’être heureux. Oh, l’Inde est un pays difficile, je me rends bien compte que je suis privilégié ici.

Je suis dans un pays où 800 millions de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour.

Un pays où les normes sociales jouent un rôle important, très important, écrasantes.

Un pays où aimer quelqu’un, ça ne veut pas dire pouvoir vivre avec lui.

Un pays qui avait un système social qui officialisait les inégalités et où ça se ressent toujours.

Un pays où il vaut mieux ne pas naître de sexe féminin.

Un pays où être politicien ou policier ou fonctionnaire est synonyme de corrompu.

Un pays qui se fiche de l’environnement, trop souvent (comme chez nous ?).

Mais il fallait venir ici pour le voir.

Et puis, ces problèmes, ils ne sont pas sans solution.

Il y avait une conférence à l’IIT il y a quelques jours, avec un politicien venu parler de la corruption. Ancien fonctionnaire, directeur du Bureau chargé de la lutte anti-corruption en Inde. Au lieu de s’adresser à nous en nous expliquant le pourquoi du comment, il n’a fait que parler de faits personnels, jouant sur le plan émotionnel, ne faisant que des effets de manche minables, et n’apportant rien d’intéressant. Ce monsieur donc, était un véritable politicien, et non un homme politique.

Mais une chose qu’il a dit m’a marqué, lorsqu’il a évoqué tout le mouvement de la société civile qui s’est dressé en Inde pour protester contre la corruption et imposer de nouvelles régulation. Il a dit quelque chose, comme, les leaders de la société civile feraient mieux de s’occuper de la société civile plutôt que d’imposer des règles aux politiques. Occupe toi de tes affaires, va voir ailleurs. Drôle de conception de la séparation du politique et de la société civile, car que peuvent faire les leaders de la société civile, sinon mettre la pression sur les politiques pour que les choses changent ?

Nous n’aurions pas fait la révolution française dans ce cas. Et ça a un sens important, dans un pays qui aspire à faire la “Revolution 2020”, à changer le visage de l’Inde. C’est la société qui doit s’en mêler et se faire entendre dans la sphère politique pour apporter des solutions. On ne change pas la société sans l’écouter ou lui parler. Non ?

Tout ça pour essayer de dire qu’il n’y a pas de fatalité et que c’est ce qui me rend heureux !

Je ne prévoyais pas d’être si long.

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“Bringing people together”

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Le prince charmant dans le journal

 

Aujourd’hui, j’ai fait les petites annonces.

 

Bon, je vais commencer par une petite confidence. Pêché avoué, à moitié pardonné ? En ces temps de moralisme social ambiant, je préfère anticiper.

 

Je pique le journal à mon voisin. Je l’ai fait plusieurs fois. Il est posé juste devant sa porte le matin quand je me lève. Je vais chercher de l’eau chaude (oui oui, café) et quand je reviens, ma foi, il m’arrive de me dire que pourquoi pas, lire les nouvelles de The Hindu, ça ne me ferait pas de mal.

 

En Inde, c’est quand même le journal anglophone de référence. Avec des éditorials plutôt intellos, parfois un peu ennuyeux, et puis plein d’articles sur la vie politique indienne qui n’a rien à envier à celle française semble-t-il.

 

Bon, le journal, quand je l’ai lu, je le remets à la place où je l’ai trouvé hein, un peu froissé, mais de toute façon apparemment il ne le lit que rarement. Mais cette semaine, je suis tombé sur les petites annonces, et ça je ne lui ai pas rendu.

 

J’espère qu’il ne cherchait pas à se marier.

 

Car soyons clair, les annonces de The Hindu sont des annonces matrimoniales. Cherche mari, cherche femme, huit pages comme ça, format Le Monde. Amusant.

 

Alors c’est vachement bien organisé, il y a un classement pour s’y retrouver plus facilement. C’est l’édition du sud de l’Inde, alors les Marathis avec les Marathis, les Télogous ensemble, les Tamouls, les Malayalams, les locuteurs en kannada, les locuteurs hindi (assez rare par ici), mais aussi, les divorcé(e)s, les anglophones et les cosmopolitains.

 

Mais que dit-on dans une petite annonce ?

 

Son origine linguistique bien sur, très important, son âge, sa taille parfois (surtout les filles), ses études et sa profession voire son revenu (énormément d’ingénieurs) et sa caste souvent (ou quelle caste on désire pour son partenaire). Ce sont les informations que l’on retrouve le plus souvent.

 

Dans ces annonces, les gens laissent soit un numéro de téléphone, soit un email à contacter directement, mais parfois il faut contacter le journal qui vérifie l’accordance des horoscopes familiaux avant de transmettre. “Horoscope Match is a must” !

 

Un mariage arrangé, c’est un partner pour la life

 

Voilà donc comment cela se passe par ici, pour rechercher un “suitable life partner”. Notez la qualification, partenaire de vie. A aucun moment dans tout ça, il n’y a le mot “love”, “sex” ou “desire”.

 

Rien à voir donc avec nos petites anonces coquines désespérées de ParuVendu, ou de nos chercheuses d’amour de Gala. Ici, on cherche un mariage. Une famille cherche une famille pour s’associer économiquement.

 

Forcément, ce sujet de l’amour, du mariage, on en parle avec les Indiens. Un ami indien me racontait qu’il rentrait chez lui le weekend dernier pour rencontrer la potentielle femme de son frère, qui travaille aux Etats-Unis et n’a donc pas le temps de venir se chercher une femme ici.

 

Il s’agissait donc ni plus ni moins d’un entretien entre deux familles pour voir si tout collait ou non. Dans ma tête, je n’arrive pas à retirer l’image d’un entretien d’embauche avec un père de famille regardant par dessus ses lunettes et cochant au fur et à mesure de l’entretien, ne montrant ni approbation, ni désapprobation.

 

Paraît-il que ce genre d’arrangement de mariage sans un des protagonistes n’est pas rare du tout, j’ai entendu parlé de fiançailles sans le fiancé car il était à l’étranger à ce moment là.

 

Ce genre de mariage suit sa propre logique, et après tout, il ne fait que pousser une logique jusqu’au bout. Le mariage, ce contrat économique ! Une alliance de deux familles, économique, on recherche une institution stable, pas des sentiments.

 

Pas d’amour, on veut te caser

 

Malheur à moi, qui croyait que les Indiens étaient de grands amoureux avec les films Bollywood, qui m’imaginait qu’ils avaient le désir collé à la peau avec le Kamasutra. Ouvrage par ailleurs écrit au VI ème siècle, sur le sexe et l’art de vivre.

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Je ne vais pas m’attarder sur la condition de la femme, pas par manque d’intérêt pour la question mais par manque de place et parce que la condition de la femme en Inde mériterait à lui seul un article dessus. Mais le fait est qu’un mariage signifie que la femme quitte sa famille pour aller vivre avec la famille de son mari, c’est ça la société patriarcale, l’ironie c’est qu’elle se fait martyriser par sa belle-mère ensuite.

 

Une autre discussion où je demandais, mais quelles sont les fameuses questions que l’on demande à l’entretien… on me dit, on demande si la belle-mère travaille (alors que la fille non). Si la réponse est positive, pas bon, pas bon, chers amis, car cela veut dire c’est la fille qui devra se taper tout le travail ménager (enfin, avec les servants suivant le rang social).

 

Ce qui est étonnant c’est qu’on parle de familles de la classe moyenne indienne, des gens qui étudient, dans les petites annonces les marié(e)s potentiels ont des masters, des MBA, sont des ingénieurs, travaillent dans la finance, travaillent à l’étranger.

 

J’ai choisi de ne pas avoir de ton lourd dans cet article pour tout ça (pas de méprise dans mes propos hein!), mais c’est un sujet plutôt sensible. L’amour, le sexe, le désir, ce sont des notions taboues. Rien vu, rien entendu. Ca peut mener à des drames, comme ce suicide le semestre dernier d’une étudiante, parce qu’elle était tombée enceinte apparemment. Crainte de la pression familiale, des répercussions sociales, etc, etc. Bam.

 

La luxure est un vice, la luxure est illégale

 

Et en même temps, tout ça change, il y a bien sur des couples à l’IIT, ces gens là sont ensembles par amour, et personne ne peut les empêcher d’être heureux. Personne ? Ce qui est plutôt étonnant, c’est la place importante de la famille dans ce schéma, et la crainte de faire quelque chose de mal par rapport à eux. En même temps, le positionnement délicat que prend une institution comme l’IIT par rapport à cela.

 

Dans ce contexte décrit jusqu’ici, mais où les étudiants et les étudiantes vivent dans le même environnement, il se passe forcément des choses. Mais si cela venait aux oreilles des parents, la réaction serait souvent d’accuser l’institution, qui n’a pas su protéger l’individu. J’y vois une explication et beaucoup de conséquences.

 

L’explication c’est la non-reconnaissance du principe de conscience et de responsabilité individuelle, pourtant revendiqué par les étudiants. Les conséquences sont multiples et relèvent du contrôle des moeurs. Revendications par les étudiants car ils protestent et revendiquent cette responsabilité.

 

L’année dernière, le Dean of students a voulu interdire aux filles de se rendre dans les résidences des garçons (nous en étions tout récemment à autoriser de 9h à 21h), interdire aux filles de sortir après 22h, et toute une série de mesures sensées protéger la gente féminine, mais interprétée par tous comme une restriction des libertés. Il y a eu tout un mouvement de protestation au sein de l’IIT.

 

Je suis un libéral en Inde et je respecte ta culture

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Ainsi, au nom de la protection individuelle, on vient non même plus réduire, mais contrôler les libertés individuels. Et c’est une institution publique, donc une représentation de l’Etat qui le fait, pas des normes sociales ! Ce n’est plus au nom d’une culture qu’on vient s’intéresser aux moeurs, mais pour des raisons pratiques. L’institution a tendance à officialiser des normes de contrôle des moeurs plutôt que de respecter les libertés individuelles et donc de protéger l’individu.

 

Accepter la responsabilité individuelle, c’est respecter la liberté des moeurs. Etre libéral ici, ça a un sens très pratique, cela veut dire qu’on accepte que deux individus puissent se retrouver tout seuls sans qu’un garde soupçonneux tourne autour d’eux. Il y a une différence entre ce que deux personnes ne s’embrassent pas en public parce que dans la culture ça ne se fait pas, et empêcher ces deux personnes de se voir.

 

Il y a un peu de tout dans cet article et je sens qu’il faut que je m’arrête là, d’ailleurs j’ai dû perdre beaucoup de monde en route ! J’aurais pu continuer un moment, je sens que j’ai ouvert un chapitre que je n’avais jamais vraiment exploré sur ce blog. Mais la dernière idée est importante et je vais m’arrêter dessus, promis.

 

Dans ce genre de discussion, ça se finit toujours par, toi tu es étranger et tu ne fais pas partie de notre culture, donc tu ne peux pas comprendre. Ou pire, tu es étranger et tu oses émettre des réserves ? Mais tu ne respectes pas ma culture ! Je dis non, on peut respecter une culture, et pour autant avoir une base de valeurs commune pour une discussion dessus. Je dis non au relativisme culturel qui justifierait une violation des droits (encore faut-il s’accorder sur quels droits, je suis d’accord).

 

Et en l’occurence, le lecteur attentif note que je n’ai à aucun moment remis en cause la culture indienne, les normes sociales, simplement à la fin de l’article qu’une position libérale ne pouvait m’amener qu’à critiquer l’attitude de l’IIT. Je constate un contraste entre les aspirations des étudiants et la description des petites annonces précédentes. Je suis neutre culturellement, critique sur le plan légal.

 

Responsablité, libertés individuelles, contrôle des moeurs par l’institution étatique. A l’heure où en France, “la manif pour tous” périclite dans une volonté d’anti-homosexualité institutionnelle, peut-être faudrait-il répéter ces mots.

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Hong Kong, intermède de l’Inde

In the future everybody will be world famous for fifteen minutes.” Andy Warhol

Il y a deux semaines je suis allé pour quelques jours à Hong Kong pour rendre visite à Jérôme et retrouver Héloïse. Accessoirement aussi, visiter cette ville anglo-chinoise.

Je dis accessoirement, mais je ne devrais pas, parce que j’y allais un peu à reculons après Singapour qui m’avait un peu déçu, voir un article précédent. Mais là, j’ai vraiment apprécié cette ville !

Déjà, il y a une grosse partie du territoire d’Hong Kong qui n’est pas urbain et accessible très facilement, on peut donc se retrouver dans la montagne, à la mer, dans un petit port de pêche, dans un monastère bouddhique, en un tour de bras, et c’est assez agréable !

La ville m’a aussi plu, car on peut l’appréhender de différentes manières, et elles sont plus complémentaires qu’opposées entre elles.

Il y a la ville business bien sûr, qu’on va voir en allant voir les skylines, en allant se promener dans la forêt des gratte-ciels, et en étant dans le métro avec tous ces costards cravates, concentrés sur leurs smartphones et leurs ipads.

Il y a la ville qui fait la fête, même si c’est plutôt tendance expatriés, il y a un côté très vivant à Hong Kong qui n’est pas désagréable (oui on s’est un peu amusé). Des bars, des boîtes, il y en a.

Il y a la ville chinoise, avec ses quartiers où il y a des gargottes au coin de la rue, ses marchés en plein air, ses pharmacies avec des bocaux remplies de serpents, et où au lieu d’une calculette on trouve un boulier (véridique, le pharmacien s’en servait). Ses quelques temples aussi, mélange de taoïsme, de shintoïsme et de bouddhisme avec une once de confucianisme. Bon, en vrai, j’ai pas tout saisi sur les divinités et les religions à HK, Jérôme vous expliquera hein…

Il y a la ville du shopping, surtout pour l’électronique. Les Chinois en raffolent, et puis bon, bin on en profite pour faire quelques emplettes vu que c’est moins cher que chez nous !

Il y a la ville planifiée. Bon, ça c’est comme Singapour, mais ici je suis tombé par hasard sur un musée où ils expliquaient un peu leurs plans de développement urbains et, ma foi, c’était plutôt intéressant. Hong Kong, ça m’a l’air d’être le rêve des architectes urbains, oui.

Et puis il y avait Andy Warhol aussi au musée, Andy il est un peu fashion, il est malin, il a fait une petite citation dans sa Factory, deux trois boîtes en carton peintes pour des pubs, et hop, famous mondialement et tout. Warhol, ou la construction instrumentalisée de l’art et de la célébrité. C’est que je l’aime bien en plus.

Sinon, je ne vais pas vous raconter ma joie de retrouver deux Détraqués, quand même, je reste un peu pudique !

Ah, et puis j’ai aussi quelques photos, tiens, vas-y voir sur Flickr !

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Summer is coming

“Jaime : « Three victories don’t make you a conqueror. »
Robb : « It’s better than three defeats. » ”
Games of Thrones, Saison 2, Episode 1

Assis sur la chaise un peu dure devant mon ordinateur dans ma chambre, je me décide enfin à me reconnecter à WordPress. Assez de procratination, un peu de motivation, aujourd’hui, c’est le grand jour, écris donc un article ! Après avoir bataillé avec moi-même quelques minutes pour me souvenir du code – ah, ce sentiment si étrange de savoir qu’on sait quelque chose, mais de ne pas pouvoir le retrouver – je suis enfin sur la page d’écriture d’un article.

En pleine torpeur du début de l’après-midi, j’ai choisi le moment où Mandakini (ma résidence) est le plus calme. Même la nuit, le silence n’est pas si impressionnant. Au début, cela me surprenait, et puis l’explication s’est vite trouvé. A l’IIT Madras, entre 14h et 17h, soit tu as Lab (travaux pratiques), soit tu fais la sieste.

En sciences sociales, je ne goûte guère au plaisir d’analyser les processus thermodynamiques ou d’observer avec fascination la diffraction d’un rayon lumineux dans une solution chimique. Mes amis mathématiciens que je visite toujours n’ont pas non plus cette joie.

Alors, c’est la sieste ?

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Mes travaux à rendre et mes lectures pour mes différents cours m’empêchent hélas souvent d’en avoir une, même s’il m’arrive d’y succomber. J’ai donc plutôt la joie d’assister au festival des singes qui viennent renverser la poubelle à quelques mètres de ma chambre pour venir y chercher à manger, parfois de jouer à se suspendre dans les fils à linge et de salir les vêtements si fraîchement lavés. Ce sont aussi eux qui font toutes ces traces de terre dans les lavabos des salles de bain, lorsqu’ils viennnent y chercher à boire, et avec eux que j’essaie mes grimaces les plus abominables pour tenter de les impressionner.

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Ca c’est si je passe l’après-midi dans ma chambre, ce qui n’arrive… pratiquement jamais. En y réfléchissant, je suis toujours quelque part d’autre, au Département, en bibliothèque, au café, à boire un jus de fruits, en dehors du campus, à aller au sport, à être assis sous l’ombre d’un arbre, et mille autres endroits.

Mais pour aujourd’hui, c’est repos. J’écoute Norah Jones, un live bien sûr, tout en écrivant, pour me mettre dans l’ambiance de… vendredi soir. Nous allons jusqu’à Bangalore (où j’étais allé au début du semestre dernier) en train pour assister à son concert. Voir Norah Jones en Inde, c’est classe. D’accord, le prix est pas donné (le même qu’en France en fait). Ok, elle est Canadienne. Mais son papa est Indien d’abord ! Bon, il était, car il est décédé en décembre dernier, Ravi Shankar, celui qui avait appris la sitar à George Harrison.

Je ne vais pas faire un résumé de tout le temps que j’ai passé à ne pas écrire d’articles sur ce blog, le rythme a vraiment baissé, n’est-ce pas, mais promis, un peu plus d’actualisation sera là dorénavant. A très vite !

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Carnet de voyage : Décembre-Janvier

It wasn’t that I wanted to go home,

Who knew home? I only knew alone.

What I wanted was to be elsewhere,

Somewhere, anywhere but there”

Narcopolis, Jeet Thayil

De carnet de voyage, il n’y en aura pas véritablement. Plutôt quelques remarques, et surtout des photos ! Cette fois, elles sont visibles depuis ce lien, en cliquant sur la photo ci-dessous.

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Quatre-vingt neuf photos, pour… trente huit jours de voyage ? Si je sais compter, ce doit être à peu près ça. Donc, vous cliquez sur ce lien, il y a une touche diaporama tout à fait sympathique en haut vers la droite, ou alors on peut aussi cliquer sur les photos.

Mais où suis-je donc allé ? Avec qui étais-je donc ?

Accrochez-vous. Les parents arrivés le trois décembre à Chennai, nous y sommes restés jusqu’au 5. Un moment un peu difficile, car il pleuvait vraiment beaucoup, et surtout le premier soir c’était un peu galère, à marcher dans l’eau, trempés, dans la nuit. Enfin, une belle arrivée quoi ! Mais ce n’était que le début, notre voiture avec chauffeur (oui monsieur !) est arrivée le 5 janvier, et là nous avons commencé les choses sérieuses.

Des temples, des temples, des temples. Kanchipuram, Mamallapuram, Tiruvannamalai, une trêve à Pondicherry, Trichy, Tanjore, Madurai, et j’en passe un certain nombre sur la route, les temples du Tamil Nadu, on les a écumés ! Certains vraiment beaux, surtout quand ils sont dans le calme en dehors de la ville, certains sans aucun charme mais où les explications d’un guide ont permis un peu plus de comprendre cette religion qu’est l’hindouïsme, en tout cas beaucoup de temples.

Souvent, les pratiques religieuses nous ont laissé un peu perplexes, à voir une dévotion presque mécanique chez les Hindous. Je n’ai pas eu l’impression de voir des gens “prier”, ou être “en communion” avec un dieu, comme nous nous pouvons l’entendre. J’ai plutôt vu des gens toucher une idole et passer leur main (droite) sur le front ou l’embrasser ensuite, puis continuer, sans s’arrêter. Une offrande de fleurs, de noix de coco, des “bondieuseries” à vendre à l’entrée des temples, Mauriac aurait parlé de “pharisiens” hindous. Lors des festivals religieux, ce que j’ai pu voir, c’est surtout la foule des gens qui se presse, se bouscule, n’hésite pas à doubler pour ne pas faire la queue et aller recevoir la bénédiction d’un prêtre contre une donation, car tout est monnayé ici. La religion, une entreprise rentable, marchante de salut.

Après les temples, nous sommes dirigés vers le Kerala. Je précise que toute la campagne du Tamil Nadu et du Kerala est magnifique avec ses champs de bananiers, ses rizières, ses noix de cajoux, ses vignes parfois, sa canne à sucre, et ses villages que nous traversions. Dans le Kerala, le ferry de Kottayam à Allepey nous a fait découvrir les backwaters. A Periyar, nous sommes allés voir les éléphants sauvages dans la réserve, à Munnar nous nous sommes promenés dans les plantations de thé, et à Kochi, nous avons profité du calme et de l’atmosphère agréable bien que touristique de Fort Cochin, la vieille ville.

Passant par Ooty, nous avons dîné dans la résidence d’été du Maharaja, puis nous sommes allés à Mysore, ville que j’ai bien aimé, avec ses grandes avenues où on entend moins les klaxons qu’à Chennai, son palais, son Art college avec des étudiants sympathiques, son quartier musulman avec ses ateliers de fabrication de bois.

De Mysore, les parents ont poursuivi dans le Karnataka, tandis que j’ai décidé de prendre un train pour Mumbai. Un guichetier gentil m’a vendu un billet, chose extraordinaire car les trains sont bondés en Inde, sans réservation c’est très difficile. Enfin, j’ai expérimenté 27h de train, avec des gens assez chouettes, une famille qui ne faisait que de me donner à manger, impossible de refuser c’était terrible. Sur le trajet, on passe dans le Maharastra, qui m’a donné bien envie, plutôt désertique, mais pas sans relief, j’avais l’impression de me retrouver dans un film western. Sinon, pendant tout ce temps, je lisais, j’écrivais, je dormais, je mangeais, je dormais, je mangeais… Si bien que ça passe assez vite !

A Mumbai, j’ai retrouvé Marine, Tobi, Katia et Flo (un ami de Tobi), tous en échange à l’IIT, puis Flo (de l’IIT, il était à Goa avec moi), sa mère et un ami à lui. Là encore, j’ai bien aimé la ville, nous étions à Colaba dans le sud, la partie coloniale de la ville, où les batiments sont de style victoriens, et on a un peu l’impression de se retrouver chez nos amis Anglais, quelques degrés en plus.

Pour le nouvel an, grâce à Arnaud de Sciences Po en échange à St Xavier’s college, nous nous sommes retrouvés à une soirée à Bandra, dans une ambiance un peu soirée d’expat’, mais sympathique. Le matin du premier janvier, à 6h30, un train m’attend pour Goa (Madgaon), je me trompe de gare, panique, je prends un train du réseau urbain, finalement je me retrouve à une troisième gare, c’est bon de là je récupère le bon train, c’est parti pour le sud de Goa, où je rejoins les parents.

Quelques jours de repos, plage, vélo, promenade, puis c’est parti pour Jaipur, où je rejoins cette fois Marine. Nous avons programmé le “Triangle d’Or”, Jaipur-Agra-Delhi en six jours, un peu au pas de course, mais nous choisissons de ne pas tout voir dans chaque ville, pour mieux profiter.

Ce qui m’a frappé d’abord, c’est le froid, arrivé du Sud, je me retrouve dans le Nord en Tshirt, à 21h en sortant de l’avion, oups ! On va se couvrir un peu pour les prochains jours… Mais quel choc, quand on a vécu les derniers mois à plus de 30 degrés, de se retrouver à moins de 10 degrés parfois !

J’ai bien aimé Jaipur, avec ses forts et ses palais, et j’ai été un peu frustré de ne pas avoir prévu de passer plus de temps dans le Rajasthan, vu que tout le monde m’a dit que c’était la ville la moins jolie. Enfin, je pensais un peu aux Contes des Mille et une Nuits en

Puis direction Agra, apparemment la police indienne manque un peu de moyen, car cinq policiers transportaient un prisonnier dans notre car…

Le Taj Mahal à 7h30 du matin, grandiose, grandiose ! Déjà, on a vraiment l’impression de le mériter largement de s’être levé si tôt, par un froid terrible, et puis il n’y a pas trop de monde, alors on en profite vraiment. Quand nous sommes partis peu avant 10h, des groupes de Japonais commençaient à arriver comme à Paris, les gens déboulaient, l’esplanade devant le Taj Mahal n’était plus aussi calme, le lieu avait déjà perdu largement de sa magie.

Pour finir, ce fut Delhi, Delhi sans Lonely Planet, sans guide, en débarquant du train, épuisés d’avoir voyagé sur les supports à bagages, nous nous sommes enfoncés dans les petites rues sombres et étroites de Paharganj, passant à côté, mais sans le voir, de la rue illuminée, pleine de restaurants et d’hôtels, découverte le lendemain seulement. A Delhi, nous avons eu quelques belles rencontres, nous avons aussi appris à nous méfier des mauvaises.

Nous avons dégusté la nourriture nord-indienne, à base de gravies (des sauces avec des légumes, voire de la viande si on n’est pas végétarien) et des rotis différentes sortes de crêpes pour manger ces sauces), des nans. Un thé par-ci, un café par-là, le métro (digne de celui de Singapour) nous a un peu baladé, nous nous sommes baladés, et puis il a bien fallu se rendre à l’évidence, le 12 janvier approchait, nous allions devoir rentrer.

Un peu fatigué par tout ce voyage, je n’ai pas été mécontent de rentrer sur Chennai, sur le campus, de retrouver la nouvelle chambre, de me poser, de commencer mon deuxième semestre sans me précipiter le weekend pour partir ! Mais je repartirai, et ce blog revivra de ces voyages et des nouvelles bientôt !

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Il fallait bien rentrer un jour

Après plus d’un mois en vadrouille dans l’Inde, je suis finalement rentré à l’IIT hier soir. J’ai retrouvé avec joie ma nouvelle petite chambre, le campus, les gens ! En plus, je débarque en plein dans Saarang, le festival de musique du campus, et donc il y a du monde partout, plein d’animations, et pas le temps de s’ennuyer ! Surtout que demain, encore un festival hindou m’attend, Pongal, parait-il qu’ils décorent les vaches à cette occasion, hâte de voir ça. Sinon, je redécouvre facebook et l’usage des emails, me faut un peu de temps pour m’adapter là. Ah et accessoirement je dois choisir mes cours pour mardi.

Autant dire que les récits de voyage, ce ne sera pas publié aujourd’hui ! Mais bon avec toutes les photos prises, faut bien que j’en fasse profiter un peu. Alors ça va venir, hein, mais bientôt !

Sinon, bonne année à tous !

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Je me serais donc fait au thé indien

 Ca y est, dernier examen terminé, puis un paper qui m’a poursuivi quelques jours ensuite, mais le sujet polémique l’a rendu plutôt intéressant. De l’économie. La question portait sur les conséquences des réformes de la libéralisation sur la pauvreté, en Inde, après 1991. Ma foi, je ne vais pas rentrer dans les détails ici, mon paper, vous pouvez toujours le lire si vous me le demandez 😉

J’ai donc rompu avec le rythme des examens de l’IIT, où je révisais jusque tard dans la nuit, au département souvent, à la manière de ces Indiens, mais sans les suivre complètement, car certains sont capables de faire des nuits blanches avant leurs examens… Absurdité d’un système qui demande parfois d’avoir un esprit chargé de connaissances apprises par cœur, plutôt qu’un esprit reposé capable de réfléchir.

Bon, il y avait une chose que j’ai beaucoup aimé durant cette période, c’était le thé. Ou plutôt le tea shop. La nuit. A quelques pas de Krishna Gate, une des entrées du campus. Après les révisions, c’était souvent le temps d’aller prendre un thé, seul endroit possible après une certaine heure. Le tea shop reste ouvert toute la nuit, et à chaque fois que j’y suis allé, il y avait toujours du monde.

Un endroit surréaliste pour moi, mais profondément indien, au rez-de-chaussée d’une maison de trois étages, une petite échoppe à thé, café, et quelques plats basiques indiens comme les dosas (sortes de crêpes de riz) ou des idly (une sorte de pain de riz). Beaucoup d’étudiants sont là bien sûr, mais aussi des chauffeurs de taxi, des policiers, des vagabonds. L’autre jour, il y avait même une personne assez alcoolisée. Ce qui n’est pas vraiment commun sur Chennai.

Tout ces gens se mélangent, et je m’y mélange aussi, avec mes compagnons, Tobi qui m’a montré l’endroit, ou Aloy. Nous nous bousculons avec tout le monde pour acheter notre jeton pour notre thé, « Baya, baya » nous crions au vendeur si nous sommes en mode de parler en hindi, mais plus souvent « Anna, anna »en tamoul, ce qui s’avère plus efficace. Le terme signifie « frère » et se dit à toute personne plus âgée à qui on témoigne du respect.

Puis vient le moment où nous regardons le faiseur de thé agir. Je dois dire qu’il a une façon encore plus spectaculaire de faire son thé que dans les autres endroits, et c’est vraiment un spectacle. Mon moment préféré à vrai dire, à le voir soulever ses casseroles, celles où il a le lait bouillant, mais ne débordant jamais, celles avec la préparation très au thé et au lait, un coup augmentant le gaz pour chauffer l’une, diminuant l’autre, les déplaçant, versant dans les gobelets. Chaque thé a reçu préalablement sa dose de sucre, puis il prend les gobelets, rajoute du lait, et mélange. A cette fin, il prend deux gobelets et verse successivement le mélange l’un dans l’autre, tout en maintenant une distance respectable entre chaque gobelet.

Un peu de citron a été rajouté au mélange et le tout est prêt, bu avec plaisir, c’est bon. Surréaliste, vous dis-je.

Aujourd’hui, j’ai définitivement fini mon déménagement. Oui, j’ai changé de résidence sur le campus ! Je suis maintenant à Mandakini. Un changement bienvenu, qui sera surtout pour le prochain semestre, puisque je pars bientôt. Pourquoi changer ? Pampa, mon ancien hostel est une de ces résidences récentes, à six étages, où aucun véritable lieu de vie n’existe entre les étudiants. Une minuscule salle de journaux à l’entrée, une salle tv perdue à je ne sais quel étage, les lieux de socialisation se font dans les couloirs, ou en sortant de la douche. Ou en laissant sa porte ouverte, ce que personne ne fait. Les étudiants indiens qui sont là sont tous des MBA, PhD, bref dans des programmes qui leur laissent peu de temps libre. Un de mes voisins, je n’ai fait sa connaissance que pendant les révisions, parce qu’il faut croire que je m’étais mis dans son rythme de vie.

Même si je parvenais à discuter avec quelques personnes, ce n’était pas là où je m’étais fait des amis indiens. Et puis la chose n’est pas rendue plus facile par le fait que tous les internationaux sont à Pampa hostel, au premier ou deuxième étage. Intégrez-vous qu’ils disaient.

Alors après réflexion, une lettre, trois bureaux administratifs, quatre tampons et cinq signatures plus tard, nous avons obtenu permission d’aller à Mandakini. « Nous », c’est moi et Tobi. Chambre 255 et 259. La résidence est plus ancienne, mais la chambre est plus agréable, même si un peu plus petite. La résidence a une grande cour centrale, où on peut jouer au football, cricket, volleyball, un joli jardin, très joli même, des couloirs où on croise toujours quelqu’un en chemin, une impression de se trouver dans un endroit agréable.

Demain, papa et maman arrivent. Nous partons pour de nouvelles aventures, au programme l’Inde du Sud, Tamil Nadu, Kerala, Karnataka, Goa, et pour finir en janvier, je retrouverai Marine à Jaipur dans le nord et de là nous irons à Agra et Delhi. Retour prévu le 12 janvier, pour la fin du festival Saarang à l’IIT, festival musical qui a l’air plutôt sympa.

Je ne sais pas à quel rythme je me connecterai à internet, comme s’il y avait eu un rythme pour poster quelque chose jusqu’ici… Nous verrons bien !

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